L'Aérophile - avril 1894

CE QUE SONT DEVENUS LES AGRÈS DU "ZÉNITH"


Dans le dernier numéro de l'Aérophile paraissait un article sur la Vente des agrès du Zénith.
Cette nouvelle impressionna douloureusement les aéronautes. Les uns craignaient que ces agrès ne fussent devenus la propriété d'un barnum, exhibiteur de curiosités; les autres mettaient en doute l'authenticité des objets vendus.
Nous pouvons aujourd'hui compléter nos premiers renseignements. Les agrès du Zénith ont été débités en différents morceaux, et Mme Poitevin, prévenue de cette vente, a choisi ceux qu'elle désirait garder en souvenir de son gendre Sivel. Mais la décision prise par l'administration du Conservatoire lui a été en quelque sorte imposée par l'administration supérieure.
Le ministère invitait, en effet, l'honorable colonel Laussedat, directeur du Conservatoire, à faire de la place pour permettre d'installer dans cet établissement un musée d'économie sociale, destiné à accompagner la création d'une chaire de droit commercial et d'économie sociale.
En outre, la nacelle et les agrès du Zénith se trouvaient dans un tel état de délabrement que leur conservation devenait fort difficile, sinon impossible. Cette nacelle ne représentait aucun progrès sérieux dans l'art de la construction, elle n'avait rien de particulier ni d'intéressant au point de vue de la science lui donnant droit de cité dans des galeries destinées spécialement à renfermer des modèles de machines et d'instruments ayant un caractère d'utilité incontestable.
Le Conservatoire n'est point un reliquaire, et avait toutefois accepté ces agrès pour faire plaisir à Mme veuve Poitevin.
Dans tous les dessins de la catastrophe d'ailleurs, la forme réelle de la nacelle du Zénith a été remplacée par une nacelle carrée de construction moins grossière et plus avantageuse.